Ce séjour, riche en observations, en échanges et en débat, nous a permis de prendre du recul sur nos propres pratiques et d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion.
L’un des éléments les plus marquants de notre visite est la place centrale accordée au bien-être des enfants. Tout est pensé pour favoriser leur épanouissement : les espaces sont ouverts, spacieux, et laissent une grande liberté de mouvement.
Nous avons également été sensibles à la qualité de la relation adulte-enfant. Les enseignants adoptent une posture très bienveillante, basée sur l’écoute, le respect et la confiance. L’enfant est considéré comme un individu à part entière, capable de faire des choix et de gérer certaines responsabilités. Cette confiance se traduit notamment par une grande autonomie laissée aux élèves dans leurs activités quotidiennes.
Par ailleurs, la pédagogie de projet occupe une place importante. Les élèves sont engagés dans des activités concrètes et porteuses de sens, menées de bout en bout : par exemple, réaliser une production complète ou mener une enquête jusqu’à sa restitution. Les activités manuelles et le jeu sont également très présents, permettant à chaque enfant de trouver sa place, notamment ceux qui peuvent être en difficulté dans les apprentissages plus traditionnels.
Un autre aspect marquant de notre séjour est la place importante accordée à l’apprentissage en extérieur. Les enfants passent une grande partie de leur journée dehors, quelles que soient les conditions météorologiques. Cet environnement naturel devient un véritable espace d’apprentissage.
Enfin, le rapport au temps nous a particulièrement interpellés : les enseignants prennent le temps nécessaire pour aller au bout d’une activité, sans pression liée à l’emploi du temps. Cette approche favorise l’implication des élèves et le respect de leur rythme.
Si de nombreux aspects nous ont inspirés, certaines pratiques ont également suscité des interrogations au sein de l’équipe.
La place des apprentissages fondamentaux, notamment en lecture, écriture et mathématiques, nous semble relativement limitée, en particulier dans les premières années. Le peu de temps consacré à ces domaines et le manque de structuration peuvent interroger quant à la construction progressive des savoirs.
De même, la place de l’écrit apparaît essentiellement fonctionnelle, avec peu de traces formalisées. Cela soulève des questions sur la mémorisation et la consolidation des apprentissages à long terme.
L’organisation des temps d’apprentissage, très libre, peut également entraîner certaines limites : un enfant peut passer à côté d’activités importantes s’il n’est pas informé ou s’il choisit de ne pas y participer. Cette grande liberté interroge sur l’équilibre entre autonomie et accompagnement pédagogique.
Nous nous sommes également questionnés sur certains choix éducatifs, comme le peu de place laissée au débat d’idées ou à l’argumentation entre élèves, pourtant essentiels dans la construction de l’esprit critique.
Enfin, l’usage des écrans dans le cadre scolaire nous a surpris, notamment par le manque de régulation observé. Ce point fait aujourd’hui débat et constitue un enjeu éducatif important.
Ce séjour Erasmus+ a été une expérience particulièrement enrichissante pour l’ensemble de l’équipe. Il ne s’agit pas de transposer un modèle dans son intégralité, mais bien de s’inspirer de certaines pratiques tout en les adaptant à notre contexte et à nos valeurs.
Nous retenons notamment l’importance du bien-être des élèves, de la confiance qui leur est accordée, ainsi que la richesse des pédagogies actives et des projets concrets.
En parallèle, cette mobilité nous conforte dans la nécessité de maintenir un équilibre entre liberté et cadre, entre autonomie et structuration des apprentissages.
Nous aurons à cœur de poursuivre ces réflexions au sein de l’école, afin de continuer à faire évoluer nos pratiques au service de la réussite et de l’épanouissement de tous les élèves.
Nous remercions chaleureusement nos collègues danois pour leur accueil et la richesse des échanges.